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Artistes

10/12/2010

ALPHA BLONDY

Né en 1953 à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, Seydou Koné est l’aîné de 9 enfants. Il est élevé par sa grand-mère, veuve, pour qui il est l’homme de la maison. Une maison dans laquelle règne une règle d’or : « parler droit », ne jamais mentir qu’elle qu’en puisse être les conséquences. En 1962, lorsqu’il retrouve sa mère, Seydou part à Odjenné où son père travaille pour la Compagnie Française de Côte d’Ivoire. Il y restera 10 ans. En 1972, il préside la section locale du « Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire », ce qui lui vaut le surnom d’Elvis Blondy qu’il affectionne. La même année, il est inscrit à l’internat du lycée normal de Korhogo où il forme un groupe avec ses copains : Price à la guitare, Pop Touré à la batterie et Diallo Salia à la basse. Atomic Vibrations est né. Ils jouent en matinée et les week-ends, séchant les cours pour les beaux yeux des jeunes filles voisines du Couvent Sainte-Elisabeth. Résultat : il est renvoyé du lycée. Ainsi s’installe en lui un besoin de voyager, d’apprendre, de se débrouiller. Sa mère réunit pour lui 25000 F CFA et le laisse partir à l’aventure. Désireux d’apprendre l’anglais, il fait sa première halte au Libéria voisin où il pend des cours et donnes des cours de français treize mois durant. Mais le Libéria se révèle vite trop étroit pour l’esprit ambitieux de Blondy. Il veut partir aux Etats-Unis, y perfectionner son anglais en étudiant, y faire de la musique et monter un groupe. A l’époque, il a déjà écrit beaucoup de chansons parmi lesquelles « Come back Jesus » qui sortira sur l’ album « Apartheid is nazism » sorti en 1985. En 1976, le jeune ivoirien débarque à New York. Pour lui c’est un rêve qui se réalise mais qui va bientôt tourner au cauchemar. Il passe de nombreux concours et suit des cours de langue accélérés pour pouvoir entrer à l’American Language Program de l’université de Columbia. A New York il est proche de l’univers caribéen et jamaïcain et découvre le mouvement rastafari. C’est d’ailleurs l’année de son arrivée que Burning Spear donne publiquement sa définition du mouvement à Central Park. Un événement qui lui servira de référence toute sa vie. Quand il parvient enfin à entrer à Columbia, il enchaîne les petits boulots alimentaires de nuits. Un rythme de vie qui ne laisse aucune place au sommeil et qui le rend bientôt malade. Astreint au repos par un médecin, il est appelé par son ami ivoirien Oullaï Joachim qui l’invite à le rejoindre à Waco au Texas. Blondy quitte alors New York. A Waco il trouve un travail chez le plus grand producteur de musiques chrétiennes au monde. C’est à cette époque qu’il fait une rencontre déterminante : celle du Jamaïcain Clive Hunt, réalisateur du premier album des Abyssinians, collaborateur de Max Roméo et compositeur de l’une des chansons de Dennis Brown. Hunt semble être la clé du succès pour Blondy d’autant qu’il lui présente les Sylvesters, un groupe de dominicains se produisant dans des petites salles de l’Etat de New York. Il quitte alors le Texas pour chanter ses propres compositions (« Burn down the apartheid », « Bory Samory », ou le « War » de Bob Marley en français) en première partie des Sylvesters. Mais son plus grand espoir tient aux huit titres que Clive Hunt lui a fait enregistrer dans le studio Eagle Sound de Brooklyn. L’album ne sortira jamais. Pour Blondy la déception est totale. En 1980 il rentre en Côte d’Ivoire, avec l’impression d’avoir perdu quatre années de sa vie. A son retour en Côte d’Ivoire, Blondy refuse d’abandonner la musique. Il vit chez des amis et répète avec des musiciens Ghanéens au Barcody Bar. Il se fait désormais appeler Alpha Blondy, un Alpha qui précise le nouveau départ que Blondy veut donner à sa vie. En 1981, Roger Fulgence Kassy, présentateur télé et camarade de longue date d’Alpha Blondy lui propose de passer dans l’émission « première chance », qu’il anime sur RTI. Pour Alpha cela ressemble plutôt à une dernière chance : il a trente ans, il ne peut décliner la proposition de Ful, comme il le surnomme. A « première chance », il interprète « Christopher Colombus » de Burning Spear, un clin d’œil à celui qu’il admire, et trois de ses propres chansons : « Bintou were were », « Dounougnan » et « The end ». C’est un carton. Devant l’effervescence provoquée dans le public par la prestation de Blondy, George Benson, directeur du studio 302 chargé de l’émission, lui propose de produire son premier album. De cette collaboration résulte « Jah Glory » qui sort fin 1982 et dont le morceau « Brigadier sabari » fait un tabac en Côte d’Ivoire. Pourtant, Benson aura longtemps hésité avant d’autoriser cette chanson dénonçant les violences de la police à paraître sur l’album. Aucun regret : dès lors, Alpha Blondy enchaîne les tubes et les albums. Sa renommée internationale et le nombre incalculable de ses prestations n’auront pas rendu l’artiste moins humble. Fidèle à son Afrique et à son mouvement Rastafari, Alpha Blondy est aujourd’hui l’un de ces artistes respectés et admirés, une référence en matière de modestie, de réussite et de persévérance que l’on attend avec impatience en concert au Zénith le 7 mai.

Discographie :

2007 : Jah Victory 2005 : Akwaba : The very best of 2002 : Merci 2001 : Blondy Paris Bercy (avec de nombreux artistes : Serge Kassy, Didier Bilé, Saberty Waïpa…) 1999 : Elohim 1998 : Yitzhak Rabin 1997 : The best of Alpha Blondy 1996 : Grand bassam zion rock 1994 : Participation à la compile Reggae Africa 1994 : Dieu 1993 : Live au Zénith 1993 : SOS Guerre tribale 1992 : Masada 1989 : The Prophets 1987 : Revolution 1986 : Jerusalem 1985 : Apartheid is nazism 1984 : Cocody rock 1982 : Jah Glory

Site officiel :

http://www.alphablondy.info/index.php



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