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Actus

15/02/2012

Mayotte

Insee : 365.000 Ultramarins en Métropole

Une étude portant sur les Ultramarins originaires des Dom en Métropole est publiée dans le numéro 1389 de ce mois de février d’Insee première, par la direction régionale de la Réunion-Mayotte. Mayotte étant un très jeune département, elle n’est concernée que par un paragraphe de l’étude. Tour d’horizon des chiffres et des tendances.

365.000 Français nés dans un Dom résident en Métropole, soit deux fois plus qu’en 1975. L’Insee s’est intéressé en ce mois de février aux conditions de vie de ces Domiens de Métropole. Avec 117.000 Martiniquais et 115.400 Guadeloupéens installés sur le territoire métropolitain, les Antillais sont les plus nombreux. Un Antillais sur quatre réside ainsi en Métropole, pour seulement un Réunionnais sur sept, soit 108.000 personnes. Ces ratios sont constants depuis le début des années 1980. Les Guyanais sont, eux, peu nombreux à migrer : "seulement" 24.400 personnes vivent dans l’Hexagone.

Les Domiens en couple, diplômés et actifs

Le profil des ménages des natifs domiens qui résident en France métropolitaine est comparable à celui des Métropolitains. Les familles monoparentales sont moins fréquentes en Métropole que dans les Dom, "probablement car ce sont elles qui rencontrent le plus de difficultés liées à une migration", selon l’institut. Les natifs des Dom vivent plus souvent en couple dans l’Hexagone. En particulier, les deux tiers des Réunionnais y vivent en couple, souvent avec enfant. Les Guyanais se distinguent des autres Domiens de Métropole : un quart d’entre eux ont entre 18 et 25 ans et vivent donc plus souvent seuls. Au total, un Guyanais sur trois vit seul en Métropole.

Les Domiens de Métropole sont plus diplômés que ceux résidant dans les Dom. Leur niveau de diplôme est comparable à celui des autres Métropolitains, leur taux d’emploi aussi : à niveau de formation équivalent, les natifs des Dom sont dans les mêmes conditions d’activité et d’emploi. Au total, 216.000 natifs des Dom avaient un emploi dans l’Hexagone en 2008. Par ailleurs, 28.000 Domiens âgés de 15 ans et plus y poursuivent des études : 9.000 Réunionnais, 8.000 Guadeloupéens, 8.000 Martiniquais et 3.000 Guyanais.

Les hommes et femmes natifs des Dom exercent toutefois des métiers différents. La moitié des Domiennes qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière. Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agents d’entretien des hôpitaux, ou agents administratifs de catégorie B et C de l’administration. Un tiers des Domiens ont un CAP ou un BEP. Ainsi, 39% des Domiens qui ont un emploi en Métropole sont ouvriers, pour 35% des Métropolitains. Ils sont avant tout ouvriers qualifiés dans les secteurs des transports, de la logistique et du bâtiment.

Les Antillais mal-logés à paris, les Réunionnais mieux lotis en province

Deux tiers des Antillais de Métropole sont installés en Île-de-France, soit 153.000 personnes. Historiquement, la migration des Antillais répondait avant tout à un besoin en personnel des administrations et des services de santé, très implantés en région parisienne. À cette demande forte de main-d’œuvre a répondu une offre large de logements sociaux : dans la région parisienne, la moitié des ménages antillais vivent en HLM. Quant aux Guyanais, la moitié d’entre eux sont installés dans la région parisienne. Mais ils ne délaissent pas pour autant les régions du Sud puisque un Guyanais sur cinq vit dans une des quatre régions du sud de la France.

Les Réunionnais vivent très majoritairement en province (72%). Leur implantation est plus diversifiée sur l’ensemble du territoire. Un tiers des Réunionnais vivent en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Paca ou Rhône-Alpes. Dans ces régions, le coût des logements est souvent moins élevé qu’en Île-de-France, ce qui facilite l’accession à la propriété. Quatre Réunionnais sur dix sont ainsi propriétaires de leur logement. C’est plus que les Antillais (30%), mais cela reste inférieur aux autres Métropolitains (57% de propriétaires). Par ailleurs, les Domiens vivent dans des logements plus petits que les autres Métropolitains, alors que leurs familles sont plus nombreuses. Aussi, un logement de Domien sur cinq est-il surpeuplé. Les Antillais sont particulièrement touchés : un ménage antillais sur quatre vit dans un logement surpeuplé pour un Réunionnais sur six.

Et Mayotte dans tout ça ?

12.700 mahorais vivent en France métropolitaine. Parmi eux, 2.700 sont arrivés moins de cinq ans auparavant. La population mahoraise qui réside dans l’Hexagone est très jeune, à l’image de Mayotte. Ainsi, huit Mahorais sur dix ont moins de 30 ans et un Mahorais sur trois a moins de 15 ans. Ceux qui sont arrivés récemment sur le territoire métropolitain sont encore plus jeunes, puisque 90 % ont moins de 30 ans.

Les Mahorais résident avant tout dans le sud de la France. En tête, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Marseille) accueille 17% des Mahorais qui vivent en Métropole. Un tiers des Mahorais de Métropole vivent seuls ; 20% sont des familles monoparentales (deux fois plus que dans la population métropolitaine) et 39% vivent en couple (56% dans l’ensemble des habitants de la Métropole).

Les ménages mahorais sont locataires de leur logement (95%). En dépit de leur faible présence en Île-de-France, près de la moitié d’entre eux sont en situation de surpeuplement : c’est cinq fois plus que pour l’ensemble de la population métropolitaine.

Source : MayotteHebdo



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