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Actus

17/02/2012

Guyane

La tension monte à Matoury

En une semaine, la commune a été le théâtre de deux agressions qui ont marqué l’opinion. Mardi, élus et habitants se sont réunis pour tenter de faire face à cette criminalité galopante.

La tension était palpable mardi soir dans la salle du conseil de Matoury. Réunis en séance exceptionnelle, élus, responsables d’association et habitants ont tenté de trouver, ensemble, des solutions pour lutter contre une criminalité galopante dans la commune. « Il ne se passe pas un jour sans qu’un passant soit agressé devant un distributeur, sans qu’une famille soit attaquée chez elle..., déplore le maire, Jean-Pierre Roumillac. Les actes de délinquance se multiplient et leurs auteurs sont de plus en plus violents. De plus en plus audacieux aussi. » Un sentiment « d’impunité » se répand chez les Matouriens. Et la révolte gronde. « Je crains une escalade de la violence » , souffle l’édile, impuissant face à l’ampleur du phénomène. En l’espace d’une semaine, Matoury a été le théâtre de deux agressions (1) qui ont provoqué stupeur et émoi parmi la population. Dans les rues de la commune, tout le monde y va désormais de son commentaire. « Les gens ont peur !, clame cette femme, particulièrement émue. Et nous ne savons plus quoi faire. Sortir ou ne pas sortir ? Même chez soi on est en danger. Et on ne peut pas se défendre sous peine d’avoir des problèmes avec la justice. » A l’échelle d’une ville, les solutions proposées semblent bien dérisoires : plus de solidarité entre voisins, éclairage public dans toutes les rues, arrêté municipal interdisant l’ivresse sur la voie publique ou la vente d’alcool à certaines heures... Un constat s’impose : le remède miracle n’existe pas. Jean-Pierre Roumillac, lui, souhaite mutualiser les moyens : « La délinquance, c’est le problème de tous les Guyanais » , rappelle-t-il avant de promettre de « réfléchir à une réglementation particulière à la ville. » Rapidement, pourtant, le climat se dégrade, chacun cherchant des coupables. On accuse alors tour à tour les orpailleurs clandestins. Les supérettes vendant de l’alcool jusque tard le soir. Les gendarmes qui interviennent peu ou pas dans les quartiers sensibles... Et le débat s’enlise. « Nous sommes tous coupables !, intervient Paul Bellony. La délinquance en Guyane n’est pas une nouveauté. Mais on ne doit pas répondre à la violence par la violence. On doit au contraire faire des propositions positives, insuffler de la vie dans tous les quartiers. Et créer un climat de dialogue. Les Guyanais doivent apprendre à se parler... » Cela ne réglera pas tout mais ce peut être un bon début. (1) Le 5 février, la famille Louison était victime d’un braquage à son domicile. Braquage qui se soldait par la mort d’un des agresseurs. Le 12 février, le passager d’un scooter ouvrait le feu à Balata, faisant cinq blessés dont un enfant.

Source : FranceGuyane



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