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Actus

14/02/2012

Haïti

La visite du président Martelly embarrasse le gouvernement des Bahamas

Le président de la République n’était pas invité aux Bahamas, selon le Premier ministre bahamien. Appelé à la démission par l’opposition politique dans son pays, Hubert Alexander Ingraham se défend en indiquant qu’il n’a été au courant tardivement que Michel Martelly allait transiter sur son territoire vers Mexico. « Le président Martelly a été invité par le gouvernement bahamien », a rétorqué la chancellerie haïtienne.

Une visite impromptue. Des déclarations considérées comme une ingérence dans les affaires internes des Bahamas. Michel Martelly a embarrassé le gouvernement bahamien avec sa visite, le 4 février, dans cet Etat du Commonwealth. En appelant les Haïtiens d’origine bahamienne à voter pour le parti politique susceptible de défendre leurs intérêts et que les Bahamas ont la loi du sol. Le président Martelly a outrepassé ses droits, a estimé l’opposition politique aux Bahamas. Elle a demandé au Premier ministre Hubert Alexander Ingraham de remettre sa démission pour avoir cautionné un tel écart.

Pour s’expliquer et se défendre, Hubert Alexander Ingraham s’est adressé, samedi dernier, à son peuple lors d’une conférence de presse dont la radio Kiskeya à Port-au-Prince en a fait la traduction et a publié l’essentiel sur son site internet.

« ... Je tiens à préciser que le gouvernement n’avait pas invité le président Martelly à visiter les Bahamas. Il n’y a aucune nécessité pour les Bahamas d’inviter le président de n’importe quel pays ami. Le chef de n’importe quel gouvernement ayant des relations avec les Bahamas peut visiter le pays quand il le décide. Il n’est pas nécessaire que notre autorisation soit sollicitée pour que cela se fasse », a martelé M. Ingraham, soulignant qu’il n’a pas besoin de l’autorisation du président des Etats-Unis pour se rendre dans son pays ni celle de la Jamaique, de la Barbade et d’Haiti, etc. pour visiter ces pays.

« J’ai été informé, le samedi 4 février, par le ministère des Affaires étrangères que le président Martelly souhaitait faire escale aux Bahamas en route vers Mexico. Il a été par la suite confirmé tard samedi qu’il comptait passer la journée et la nuit à Nassau et souhaitait en profiter pour rencontrer le gouverneur général et le Premier ministre », a-t-il ajouté.

Les réactions de Port-au-Prince

Interrogé, lundi, par Le Nouvelliste sur le dossier, le chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères, a précisé qu’en tant que Chef d’Etat d’un pays du Caricom comme tous les autres, le président Martelly a émis le désir de visiter les Bahamas pendant sa tournée dans les Caraibes. « Le ministère des Affaires étrangeres d’Haiti le 4 février a sollicité une rencontre avec le Premier Ministre et le Gouverneur des Bahamas par note diplomatique. La demande a été acceptée et la rencontre bilatérale a pu se faire. Cela a permis de soulever des points extrêmements importants concernant la communauté haitienne, les problèmes migratoires et de faire le tour du secteur des affaires et de la classe politique de ce pays », a souligné Ady Jean Gardy.

M. Jean Gardy, a précisé par ailleurs que le fait pour le President Martelly de demander à la communauté haitienne des Bahamas de participer aux élections dans ce pays pour démontrer leur integration et choisir le candidat de leur choix, est un support au jeu démocratique, « lié à la liberté d’expression d’un chef d’Etat soucieux des règles diplomatiques en matière de respect des droits de l’homme quelle que soit son origine ou sa nationalité. »

Source : Lenouvelliste



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