Actus
15/02/2012
Guadeloupe
Les kitesurfeurs resteront-ils aux Salines ?

Sur la plage des Salines se côtoient kitesurfeurs, véliplanchistes et baigneurs. Une pétition circule pour demander l’interdiction de ces sports de glisse, qui pourraient représenter un danger pour les nageurs.
« Il y a un problème, il nous faut trouver une solution intelligente » , explique Xavier, adepte des sports de glisse habitué des Salines. « Ça fait 16 ans que je windsurfe ici, je n’ai jamais eu de problèmes avec les baigneurs. » Pourtant, une pétition réclame depuis peu l’interdiction de pratiquer les sports de glisse sur cette plage fréquentée par des baigneurs de tous âges, locaux comme touristes. D’après les kitesurfeurs et véliplanchistes, cette pétition émane de riverains, et n’aurait été signée que par trois personnes. « Ça ne prend pas » , confirme un kitesurfeur, mais tous reconnaissent qu’une question est posée.
« IL Y A DES KÉKÉS » « Nous aussi, nous avons des enfants, et nous comprenons les baigneurs. Le kite, c’est le pied, mais tout le monde ne connaît pas forcément les règles élémentaires de sécurité en mer. Il y a de très bons kitesurfeurs qui savent gérer leur aile, mais dans la masse, il y en a qui ne savent pas. »
« Il y a des kékés, comme partout » , tranche un adepte de ce sport qui fréquente tous les jours les Salines. « Quand on en voit un qui ne maîtrise pas bien son aile, on lui demande une fois, deux fois d’arrêter, et d’aller plutôt à Bois-Jolan. » Car le spot saintannais serait un lieu propice à l’apprentissage d’un sport dans le vent, mais qui a mauvaise presse en raison des accidents - parfois mortels - qui font régulièrement la une des médias.
« J’ai vu une fois une personne se jeter à quatre pattes pour éviter les filins, se souvient Xavier. Un jour, il y aura un drame. Un kitesurf, ça peut vite se transformer en tracteur que rien n’arrête pour qui n’arrive pas à stopper son aile. Avec le recul, le kite, c’est facile, après cinq jours, on a les pieds collés sur la planche, tandis qu’en planche à voile, il faut un an pour être autonome » .
UNE ZONE RÉSERVÉE AUX BAIGNEUR ? « Une fois, un monsieur m’a demandé d’arrêter car il était persuadé que les ailerons de nos planches attiraient les requins ! » , relate Doumé, kitesurfer qui avance un problème de compréhension entre des baigneurs habitués des lieux depuis des décennies, et ce nouveau public venant parfois de très loin pratiquer leur sport.
Deux baigneurs rencontrés sur la plage ont un avis partagé. Ils viennent tous les midis piquer une tête aux Salines. Lui avoue ne pas être trop dérangé par les kitesurfeurs. Un avis que ne partage pas sa femme. « C’est chiant ! Et je sais de quoi je parle, car mon fils pratique ce sport que je considère comme très très très dangereux. » Eux émettent l’idée de la création d’une zone de baignade.
« Il faudrait, à l’entrée de la plage, aménager un couloir pour permettre aux planches à voiles de partir, et sur la pointe aménager une aire de décollage pour les kitesurf qui iraient au large, conclue Xavier. Et entre les deux, une zone réservée aux baigneurs » . Une idée largement validée par les amateurs de sports de glisse.
Source : FranceAntilles


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