Actus
26/01/2012
Martinique
Pas de plage privée devant l’hôtel Bakoua

A l’hôtel Bakoua, une polémique enflait entre les riverains et la direction de l’hôtel concernant l’accès à la plage. Explications.
Les années se suivent, les hommes se succèdent emportant avec eux leurs empreintes. C’est la situation vécue à la Pointe-du^Bout sur la commune des Trois-Îlets depuis l’arrivée du nouveau directeur de l’hôtel Bakoua, Frédéric Massoubre. Ce dernier est en place depuis environ un an avec des objectifs dont il nous fait part : « recréer l’animation et rouvrir l’hôtel aux Martiniquais pour un vivre ensemble qui me paraît nécessaire » . Jusque-là, cette entrée en matière est tout à fait acceptable. Sauf que pour atteindre son but, il décide de bousculer les habitudes prises depuis plusieurs années avec les riverains. C’est l’incompréhension pour ses vacanciers sédentaires qui constatent la perte de certains de leurs acquis. Des murmures à la grogne, il n’y a qu’un pas. Ces riverains, après avoir avisé par courrier le directeur de l’hôtel, ont manifesté leur mécontentement pour dénoncer, selon leur dire, « une main mise sur la plage jouxtant l’hôtel » .
DE QUOI S’AGIT-IL ? Des années durant, ces personnes, résidant aux environs de l’hôtel, étaient autorisées à traverser le hall de l’établissement pour accéder à la plage où ils passaient d’agréables journées. Ils pouvaient également profiter du bar situé sur le ponton de la plage. Ces vacanciers généreux louaient des transats 8 euros pour l’après-midi, consommant des boissons et déjeunant sur place. C’était une cohabitation conviviale et commerciale, un vivre ensemble où chaque partie se réjouissait du confort qu’il se procurait. Il y eut même des panneaux installés interdisant une partie de la plage située face à l’hôtel sans que personne ne pipe mot. Les alliances, la cohabitation duraient puisque les comptes étaient bons. L’arrivée du nouveau directeur et son désir de changement ont mis à mal toutes les considérations antérieures. Les mesures prises sont même parfois contradictoires avec ses objectifs de « vivre ensemble » et de « redynamiser l’action commerciale » . Peut-on lui reprocher de vouloir instituer une autre forme de proximité ? Non, bien sûr, tant qu’il agit dans les règles de l’art et le respect des lois.
INTIMIDATION SUR LA PLAGE D’après des témoignages recueillis auprès de riverains, des agents de sécurité font des descentes « d’intimidation » sur la plage dite « privée » quand des baigneurs indésirables s’installent, procédant ainsi à une certaine sélection, voire « discrimination » selon les dires de certains. S’agissant de la location des transats, Frédéric Massoubre déclare : « Je ne suis pas un loueur de transat. » Il a ainsi instauré une formule inédite jusque-là : une location moyennant le dépôt de 40 euros dont 10 euros pour le transat et 30 euros à consommer obligatoirement sur place. Ce procédé est largement contesté, étant en contradiction avec les objectifs qu’il s’est fixés de « bien vivre ensemble » et d’ailleurs, n’est-ce pas de la vente forcée ?
En tout cas, cette affaire a mis au grand jour les difficultés du vivre ensemble, où d’un côté le business imprime sa loi et de l’autre les habitudes acquises au fil des ans ne font pas bon ménage.
Source : FranceAntilles


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