Actus
21/02/2012
Mayotte
Réhabiliter les langues mahoraises
L’association Shimé a réussi son pari en célébrant pour la 4e fois la journée internationale de la langue maternelle ce weekend. C’est surtout en début de manifestation ce samedi et les après-midis que la foule a afflué sur le terrain de football de M’tsangamouji. La commune était partie prenante tout comme la préfecture.
L’objectif était de valoriser les langues de Mayotte en particulier le shimaoré et le kibushi qui bien qu’elles soient plus parlées que le français, perdent au fur et à mesure du temps beaucoup de lexique et empruntent de plus en plus en français. Cela s’est fait bien sûr grâce à un concours de questions/réponses basé sur la connaissance du vocabulaire, des expressions et des proverbes en kibushi et shimaoré (remporté dans ses deux langues par l’équipe du village de Mliha), mais aussi de danses et chants traditionnels.
Une table ronde sur la place du kibushi à Mayotte a permis de prendre conscience qu’il fallait un traitement de choc à celui-ci pour ne pas décliner : présence plus importante dans le paysage télévisé et radiophonique de l’île, standardisation de la graphie, production de supports pédagogiques, production d’écrits, etc. Ce constat vaut également pour le shimaoré, mais dans les deux cas une volonté politique doit appuyer les efforts fournis par quelques associations, chercheurs ou personnes sensibles à ce thème. Pour Hadidja, originaire de M’tzamboro, ce genre de manifestation est très important.
"C’est une bonne chose car cela permet de ne pas perdre notre langue maternelle. Aujourd’hui, on a tendance à mélanger le shimaoré et le shizungu (français). On doit les utiliser tout le temps, quand on parle avec nos aînés, nos enfants et entre nous." La manifestation se termine officiellement ce mardi 21 février, date fixée par les Nations Unies de la journée internationale des langues maternelles.
Source : MayotteHebdo


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