Actus
17/02/2012
Guadeloupe
Urgences du CHU : vers la fin de l’asphyxie ?

Les Urgences du CHU de Pointe-à-Pitre fonctionnent à flux tendu depuis des années. Une situation qui devient vite ingérable lorsqu’émerge un problème de santé publique, comme celle de la gastro-entérite. Des travaux de restructuration sont donc programmés.
Cédric et son fils se souviendront longtemps de leur passage aux Urgences du CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes. Arrivés à 9 heures du matin pour une cheville cassée, ils ont été pris en charge aux environs de 23 heures, soit près de 14 heures plus tard... « Ils ont réagi quand ils ont vu la cheville commençait à gonfler, se souvient le papa. On est sorti de là complètement vidés. » Des exemples comme celui-ci ne sont pas exceptionnels. L’engorgement des Urgences du CHU n’est, en effet, pas nouveau. 130 personnes par jour se rendent quotidiennement dans ce service, prévu à l’origine, pour la prise en charge de 50 à 60 patients par jour. Selon le docteur Patrick Portecop, chef de service des Urgences, il faut compter une moyenne de quatre heures d’attente, mais ça peut atteindre les 12 heures les plus mauvais jours.
Et des mauvais jours, les Urgences viennent d’en connaître, notamment le week-end du 28 janvier dernier en pleine épidémie de gastro-entérite. L’agence régionale de santé (ARS) a dû même faire passer un communiqué dans la presse pour responsabiliser la population. Depuis, la situation s’est fortement améliorée, notamment grâce à un léger recul de l’épidémie (voir ci-contre). Mais nous ne sommes pas à l’abri d’une rechute...
TENDANCE À LA PANIQUE Comment expliquer une telle situation aux Urgences du CHU ? Plusieurs raisons sont avancées : d’abord parce qu’elles sont très sollicitées par rapport aux autres. « Nous prenons en charge, sans avance de frais, l’essentiel des victimes de la route et toutes les personnes transportées par les pompiers sur la Grande-Terre et une partie de la Basse-Terre, poursuit le chef de service. À ceci s’ajoutent l’allongement de l’espérance de vie qui entraîne davantage de consultations et de polypathologies, le manque de médecins généralistes et bien sûr, la quantité de personnes qui n’ont rien à faire là. Il faut savoir que les vraies urgences ne représentent que 20% des cas qui se présentent chez nous. » Depuis quelques années, un autre phénomène semble se dessiner chez les patients : une tendance à la panique et la perte de confiance en la médecine générale. « Les gens s’imaginent que parce que nous avons un plateau technique conséquent, nous allons leur faire plus d’examens. Or, c’est faux. Les médecins de famille ont les moyens de bien travailler et ceci favorise un meilleur suivi médical. »
Mais pour améliorer la situation, les Urgences ne misent pas seulement sur une prise de conscience citoyenne. Des travaux d’agrandissement (ainsi qu’une augmentation du personnel, selon le docteur Portecop) sont actuellement à l’étude pour, à priori, démarrer courant 2013. Objectif : offrir plus de places pour les soins. Il est prévu de créer deux surfaces d’accueil distinctes : une pour les urgences vitales et l’autre pour la filière courte, c’est à dire les petits soins, dits consultations non programmées. Selon le directeur adjoint général, Patrice Lecomte, les travaux devraient durer deux à trois ans et prévoient de dégager les anciennes cuisines à l’étage inférieur, pour y placer l’administration, bureaux et autres salles de réunion. Histoire de dégager le double de places à l’étage pour l’accueil des patients » . Alors, encore un peu de patience...
Source : FranceAntilles


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